E. Todd. - J'ai accepté l'idée que l'élection de Nicolas Sarkozy, personnage violent, vulgaire et vide, n'était pas une aberration. Il n'est pas parvenu au sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles ! Sarkozy est le révélateur de maux qui rongent une société française menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence. La France est frappée d'un vide idéologique et religieux, d'une incapacité à produire des projets collectifs, d'une obsession de l'argent, d'une stagnation éducative, d'une fragmentation sociale exacerbée par l'isolement d'une élite regardant de haut les classes inférieures de la population. Nous assistons aujourd'hui à une narcissisation des comportements, mal beaucoup plus profond que l'individualisme. Le comportement du président est aussi une clé de lecture du narcissisme et de l'exhibitionnisme, qui sont devenus une dimension de la vie sociale. L'adhésion des élites au libre-échange fait désormais souffrir la société dans son ensemble. Il y a dix ans, dans «l'Illusion économique», je décrivais une société verrouillée où seulement 20% de la population avait simultanément une éducation et des revenus supérieurs, et contrôlait 50% du revenu national. Aujourd'hui, c'est 1% seulement de la population qui profite matériellement du système. Je pars en guerre contre la caricature de «bobos» soi-disant privilégiés. Ils incarnent en réalité l'appauvrissement des jeunes éduqués des classes moyennes, effectivement repoussés vers les anciens quartiers populaires. Si le pouvoir et la richesse n'ont plus de rapport avec le niveau d'éducation, alors la lutte des classes redevient possible. Les classes moyennes choisiront de contester la classe supérieure qui les maltraite plutôt que de se retourner contre les prolétaires ou les immigrés de la dernière heure. J'attends comme une libération la montée de la colère politique de ces jeunes éduqués. Mais rien n'est joué !
alors ce soir amis et camarades socialistes, allons voter, pour bien signifier que nous voulons répondre aux crises que nous prenons de plein fouet, que nous devons réorienter notre parti et le mettre au travail
pour élargir notre base, réaffirmer nos fondamentaux : liberté, égalité, fraternité, justice sociale, laïcité,
marteler notre identité : nous sommes socialistes,féministes, écologistes, attachés à la culture;celle qui libère, qui émancipe
nous n'avons donc pas le culte du chef, nous sommes des militants !
et ce parti est le nôtre
alors ce soir amis et camarades socialistes, allons voter, pour bien signifier que nous voulons répondre aux crises que nous prenons de plein fouet, que nous devons réorienter notre parti et le mettre au travail
pour élargir notre base, réaffirmer nos fondamentaux : liberté, égalité, fraternité, justice sociale, laïcité,
marteler notre identité : nous sommes socialistes,féministes, écologistes, attachés à la culture;celle qui libère, qui émancipe
nous n'avons donc pas le culte du chef, nous sommes des militants !
et ce parti est le nôtre