encore un moment difficile, d'émotion intense
alors que je me trouvais près de chez moi, sur les terrasses de Mériadeck, je fus abordée par un monsieur: "madame, s'il vous plaît..." pensant qu'il cherchait son chemin, j'étais prête à lui rendre service
-"vous n'auriez pas 10 centimes, il me manque 10 centimes pour acheter du pain "
la tristesse m'envahit
il m'est arrivé dans le passé, lorsque l'on me demandait de l'argent "pour manger", de rentrer chez un commerçant, et d'offrir à la personne de quoi se nourrir, ceci bien sûr pour éviter l'achat d'alcool, les préjugés ont la vie dure
mais là en l'occurence, il s'agissait de cette pauvreté ordinaire, celle qui gagne du terrain, qui s'installe et qui peut tous nous atteindre, nous les classes dites "moyennes":les salariés, les employés, hier les ouvriers
les écarts se creusent, les postures se dessinent mieux encore, faire "la charité " revient à la mode
j'ai honte !!!
je termine mon histoire, j'ai trouvé dans mon porte monnaie quelques pièces et je les ai données, avec tristesse, gravité
il ne s'agissait pas de ce don qui rend meilleur, plus heureux d'avoir aidé son prochain
mais d'une énorme peine ressentie, en constatant comment notre société devient inhumaine, comment le quotidien de milliers de personnes est épouvantable
prenant les quelques euros, il me dit :"vous m'avez trop donné, j'avais besoin de 10 centimes"
il prit mes mains dans les siennes et me remercia
je suis rentrée chez moi les larmes aux yeux (il n'est pas bon d'avouer avoir pleuré)
je veux continuer à être socialiste, pour que vive le socialisme